Souveraineté : Fréchette entretient le flou sur sa position personnelle

Christine Fréchette a fait face à un tir groupé jeudi matin de la part des journalistes, qui, un après l’autre, ont voulu savoir : la cheffe de la Coalition avenir Québec (CAQ) est-elle, oui ou non, souverainiste?
Ma position personnelle n'a pas d'importance. Moi, je suis dans la position où ce n'est pas le moment de démarrer [une démarche vers un référendum]
, a répondu Christine Fréchette.
Un autre journaliste lui a demandé pourquoi les Québécois n'étaient pas en droit de connaître sa position claire sur le sujet, alors qu’elle aspire à gouverner la province pour les quatre prochaines années?
Je sais que les Québécois ne veulent pas de ce référendum
, a répondu Mme Fréchette, une phrase que l’on a beaucoup entendue dans la bouche de son prédécesseur, François Legault. Moi non plus, je n'en veux pas. C'est le pire moment, et je pense que les Québécois en sont conscients
, a-t-elle répété.
Alors voilà, je porte la voix des Québécois, je pourrais vous dire [...] je suis du même côté que les Québécois.
En après-midi, la cheffe caquiste est revenue sur la question dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux. Aujourd’hui, on m’a demandé si j’étais toujours souverainiste
, lance Mme Fréchette dans l'enregistrement, assise dans son autobus de campagne.
Je ne veux pas renier le passé
, ajoute-t-elle, en référence à son passage dans le cabinet de Jean-François Lisée alors qu’il était ministre dans un gouvernement péquiste. J’ai cheminé
, affirme la cheffe, évitant cependant de répondre clairement à la question.
Le Québec est une nation unique, pour qui c’est légitime de se poser ces questions-là
, affirme-t-elle. Mon équipe rassemble des gens qui veulent une voix forte pour le Québec, à l’intérieur du cadre canadien.
Contredite par son ancien patron
Jeudi matin, la cheffe caquiste a fait quelque chose qu'elle fait rarement : rappeler son passé dans un cabinet péquiste, de 2012 à 2014, sous Jean-François Lisée, alors ministre des Relations internationales, de la Francophonie et du Commerce extérieur.
Je le sais, j'ai déjà été dans un cabinet souverainiste où l'essentiel des décisions était analysé sous l'angle : "est-ce que ça va aider ou non le référendum?" En ce moment, ce n'est pas ça, la grille d'analyse qui devrait nous guider dans les décisions
, a-t-elle affirmé.
Une déclaration qui a poussé son ancien patron, Jean-François Lisée, à publier une déclaration sur les réseaux sociaux.
Bien respectueusement, c’est complètement faux. J’étais ministre de la Métropole, des Relations internationales et du Commerce extérieur dans un gouvernement qui ne s’était pas engagé à faire un référendum dans le mandat
, a écrit M. Lisée.
Nous étions, elle et moi, des indépendantistes (je le suis toujours - j’espère qu’elle l’est aussi) – et nous en faisions état avec nos interlocuteurs étrangers, mais pour l’essentiel nous faisions avancer nos dossiers dans l’intérêt du Québec d’abord.
Si elle ne répond pas, c’est qu’elle voterait oui
Plus tard en matinée, le chef libéral a sauté dans la mêlée à l’invitation des journalistes, qui souhaitaient avoir son opinion sur les propos de la cheffe caquiste au sujet de la souveraineté. Vous savez bien que, si elle ne répond pas, c'est parce qu'elle voterait davantage oui
, a-t-il suggéré.
M. Milliard a également estimé en point de presse que le personnel, en politique, ça n'existe pas
. Je ne peux pas penser à un sujet plus public que la question de l'avenir du Québec
, a-t-il lancé.

Charles Milliard en point de presse après sa rencontre avec l'Union des producteurs agricoles.
Photo : Radio-Canada / John Jaramillo
Il est honteux
que son adversaire ne souhaite pas répondre à cette question qui, selon lui, constitue le jeu de base
en politique québécoise.
La position de Mme Fréchette, par ailleurs, entretient la confusion sur une question qu'il considère comme un dilemme manichéen.
Sur le bulletin de vote d'un éventuel référendum, il n'y a pas de "louvoiement" ou "je ne sais pas" ou "préfère ne pas répondre". C'est oui ou non.
Un refus « étonnant », dit Ghazal
Aux yeux de la co-porte-parole de Québec solidaire, la position floue qu'entretient la cheffe caquiste est à tout le moins étonnante
, si ce n'est carrément incohérente.
La CAQ est un parti fédéraliste, ç'a toujours été un parti fédéraliste. Mme Fréchette est la cheffe de la CAQ. Donc, je ne sais pas comment elle concilie sa position avec celle de son parti.
Mme Ghazal s'est par ailleurs placée en contradiction avec Christine Fréchette, affirmant qu'il est important de dire si on veut que la nation québécoise devienne un pays indépendant ou pas
.
Qu'elle ne soit pas capable de dire qu'elle est fédéraliste – puisque c'est ce qu'elle est, puisque son parti l'est –, c'est quand même étonnant.
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