«Ha-Chan, Shake Your Booty!» : danser pour ne pas pleurer
Haru, la mi-quarantaine, est aussi passionnée que douée pour la danse sportive. Une activité que son conjoint, Luis, partage avec une ferveur comparable. Or, lorsque ce dernier meurt soudainement, Haru perd l’amour de sa vie et le feu sacré simultanément. Après des mois de réclusion, Haru accepte de mauvais gré de fouler à nouveau le plancher de danse. Entre alors en scène Fedir, un instructeur qui tombe dans l’œil d’une Haru à la fois confuse et pâmée. Dans le fort en style Ha-Chan, Shake Your Booty !, Rinko Kikuchi s’avère irrésistible.
Pour mémoire, on a vu l’actrice japonaise dans Pacific Rim (Rives du Pacifique), de Guillermo del Toro, et dans Kumiko, the Treasure Hunter, de David Zellner. Merveilleusement écrit, le rôle d’Haru permet à Rinko Kikuchi de donner la pleine mesure de son talent dans un registre tant dramatique que comique.
De fait, en dépit du thème du deuil, prévalent, le réalisateur et coscénariste Josef Kubota Wladyka privilégie une approche légère, voire fantaisiste, en phase avec la nature profonde de la protagoniste.
En cela que Haru est volontiers encline à des projections mentales et autres fantasmes lors desquels le réel fait un pas de côté. Ainsi se voit-elle flotter dans les airs avec Luis lors d’un des (formidables) numéros de danse. Plus tard, elle est constamment visitée par son cher défunt, qui revêt en ces occasions une apparence pour le moins originale que l’on taira ici.
Mise en scène primée
À cet égard, la manière dont le film fait cohabiter, comme deux danseurs au fond, ce deuil en suspens avec ce possible nouvel amour, est très habile. L’une et l’autre situations s’accordent évidemment mal pour commencer, créant un déséquilibre chez Haru, qui perd un peu pied.
Puis, graduellement, à mesure que Haru regagne en assurance, une forme d’harmonie s’installe, mais pas de la façon qu’on pourrait croire.
Ce qui concerne la mise en scène, primée à Sundance soit dit en passant, la forme est au diapason du fond. Tout du long, Wladyka joue de techniques hyperdynamiques (tous ces zooms rapides) et de couleurs très vives (surtout lors des numéros). Ah, et il y a cet hommage, parfaitement intégré, à Dirty Dancing (Danse lascive)… Comment ne pas craquer ?
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