Ils l’ont fait | Sans voiture, il économise 4000 $ par année

Maxime Tremblay aime les voitures. Il en a possédé 19 au cours de sa vie. Il y a quatre ans, sa mobilité a pris un virage. Métro, vélo, Communauto et Leo : il vit désormais sans voiture personnelle et sans regret.
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Dans son ancienne vie, Maxime Tremblay serait arrivé en voiture à notre rendez-vous et non sur son vélo électrique. Il se décrit comme un « gars de char », un vrai connaisseur qui passait beaucoup de temps à feuilleter le Guide de l’auto.
« J’habite dans Rosemont depuis 20 ans, mais les 15 premières années, j’avais la voiture, dit l’homme de 56 ans. Même si j’avais la station de BIXI au coin, l’autobus, le métro, Communauto, jamais ça ne m’a traversé l’esprit [de me déplacer autrement]. Comme si avoir une voiture, c’est normal et s’en priver, c’est s’enlever quelque chose d’important. »
Or, « cette perte de liberté dont tout le monde parle, elle n’existe pas ! », lance-t-il. Il est tellement convaincu qu’il en a fait le fil conducteur de son premier essai, Ça roule pour moi, paru mercredi. « C’est beaucoup plus facile qu’on pense et beaucoup plus libérateur qu’on pense aussi », soutient-il.
Pour tous ? Non. Maxime Tremblay a grandi dans la banlieue de Québec. Jeune, il a longtemps rêvé de posséder une voiture. Le service de transports en commun était déficient, ce qui est toujours le cas aujourd’hui dans plusieurs régions. « Si un jour je déménage en Estrie, je vais m’acheter une voiture. Je ne dis pas que je n’en aurai plus jamais. »
Alors qu’une supposée guerre à l’auto est souvent dénoncée dans le discours public et politique, Maxime Tremblay affirme que sa démarche n’est pas du tout militante. Il ne voit pas la mobilité comme un enjeu de gauche ou de droite, mais aimerait un meilleur financement des transports en commun.
S’il a accepté d’écrire un livre sur son expérience, à la demande de son éditrice, c’est pour mettre en lumière une situation méconnue.
Il y a 30 % des ménages à Montréal qui n’ont pas de voiture. On ne les entend pas, ces gens-là. Il n’y a pas de lobby, pas de pubs pour promouvoir l’absence d’auto. Mais il y a plein de monde dans l’autobus, dans les Communauto, dans les taxis, dans le métro. Ces gens-là, quand on est en voiture, on ne les voit pas.
Pour Maxime Tremblay, cette vie sans voiture était d’abord un test. Des séjours à Paris lui avaient fait réaliser qu’il y prenait toujours les transports en commun, alors qu’à Montréal, jamais.
PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE
Maxime Tremblay se déplace désormais à pied, à vélo, en transports en commun ou en autopartage.
Fondateur de Fin Finaud Consultant, une firme qui édite un logiciel de gestion d’entreprise, il se déplaçait régulièrement pour rencontrer des clients. Jusqu’à ce que ces rencontres deviennent virtuelles, la voiture était à la fois pratique et un signal de son statut social.
De grosses économies
Un matin d’août 2022, il a profité de la généreuse offre de son concessionnaire pour rendre sa voiture, achetée neuve en 2019. Chèque en poche, il a quitté la cour à pied. Sur le trottoir de la voie de desserte de l’autoroute Métropolitaine, il avait déjà d’autres modèles en tête. « J’avais un doute que ça marcherait. Je me disais que ça finirait par me taper sur les nerfs. »
Les deux premières années, il a noté toutes les dépenses de transport de son ménage – qui inclut sa conjointe et sa fille de 21 ans – dans un fichier Excel.
En comptant les paiements mensuels de 450 $ et tous les frais d’entretien et d’utilisation, sa voiture lui coûtait 8700 $ par année. Avec des frais de déplacement d’environ 4700 $ par année, il calcule désormais économiser environ 4000 $, et ce, sans se priver de prendre des taxis.
Aujourd’hui, ce n’est plus une question d’argent. Même sans économies, il ne reviendrait pas en arrière. Même que l’idée ne lui a jamais effleuré l’esprit. Chaque fois que le klaxon du déneigement retentit, il savoure le fait que ça ne le concerne plus. Et l’environnement dans tout ça ? « C’est un effet collatéral agréable », répond-il.
Il ne nie pas les inconvénients comme le manque de disponibilité des véhicules en autopartage les fins de semaine d’été, la nécessité de planifier ses déplacements et l’autobus manqué qui ne repasse que dans 30 minutes. Il convient qu’il loge peut-être dans le camp des optimistes. « En voiture aussi, il en arrive, des péripéties », nuance-t-il.
Si vous l’apercevez au volant d’une Porsche prochainement, sachez que ce n’est pas la sienne, mais celle d’une connaissance qui travaille chez le concessionnaire. « Je n’ai jamais conduit une Porsche de ma vie. J’ai hâte ! » Gars de char un jour…
Sa source d’inspiration
Paris, une ville où il a séjourné à plusieurs reprises au cours des 15 dernières années pour affaires. C’est là qu’il a développé le goût des transports en commun. « Il y a quand même des enjeux dans la banlieue parisienne, reconnaît-il. Dès que tu veux aller quelque part, il faut que tu transites par le centre de Paris. Mais les trains de banlieue sont super efficaces et à l’heure partout. »
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