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Friday, September 11, 2026

Hausse des prix du carburant : Transat obtient un nouveau financement d’urgence

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Transat A.T. a annoncé jeudi avoir obtenu un financement d’urgence supplémentaire de 250 millions de dollars du gouvernement fédéral, après que les coûts élevés du carburant l’ont enfoncée davantage dans le rouge au cours du dernier trimestre.

Ce nouveau prêt gouvernemental à faible taux d’intérêt, accordé par la Corporation de financement d’urgence d’entreprises du Canada (CFUEC), vient s’ajouter au prêt de 150 millions de dollars que le voyagiste avait déjà reçu d’Ottawa pour l’aider à faire face à la flambée des prix de l’énergie provoquée par la guerre en Iran.

La présidente et cheffe de la direction de Transat, Annick Guérard, souligne que la concurrence intense a limité la capacité de Transat à répercuter la hausse des coûts du carburant sur les passagers.

Il y a eu d’importantes augmentations [de capacité] sur le marché atlantique, explique-t-elle aux analystes lors d’une téléconférence, jeudi.

Lorsque nous avons instauré des suppléments carburant, la demande a chuté. L’ensemble du marché canadien – les concurrents, tout le monde – a commencé à lancer des promotions. Et cela n’en a jamais fini.

Ces offres et ces rabais ont empêché Transat d’augmenter le prix des billets et l’ont forcée à réduire certains frais.

Nous n’avons jamais connu un réseau aussi concurrentiel, indique Mme Guérard.

Perte de plus de 100 millions $

La société mère d’Air Transat a enregistré une perte de 106,6 millions de dollars au cours du trimestre clos le 31 juillet, contre un bénéfice d’environ 400 millions de dollars à la même période l’année précédente, lorsqu’elle avait bénéficié d’un gain de 345 millions de dollars sur l’extinction de sa dette à long terme.

La compagnie aérienne s’est révélée largement incapable de répercuter la hausse des coûts du carburant sur ses clients, ce qui a surpris Cameron Doerksen, analyste à la Banque Nationale. Les revenus aériens unitaires – un indicateur clé mesurant le tarif moyen payé par mille et par passager – sont globalement similaires à ceux de l’an dernier.

En comparaison, Air Canada a fait état d’une hausse d’environ 11 % de ses revenus aériens unitaires au cours de son dernier trimestre, et la plupart des autres compagnies aériennes dans le monde ont au moins réussi dans une certaine mesure à augmenter leurs tarifs pour compenser le coût du carburant, indique M. Doerksen dans une note adressée aux investisseurs.

À moins d’une baisse significative des prix du carburant ou que Transat ne parvienne à augmenter sensiblement ses tarifs, la société continuera d’enregistrer des pertes.

Au cours du dernier trimestre, les coûts de carburant ont bondi de 56 %, soit 105 millions de dollars, par rapport à l’année précédente, selon la société établie à Montréal. Cet impact financier porte le coût cumulé de la crise du carburant à 175 millions de dollars depuis le début de l’année.

Vulnérabilité au prix du carburant

À l’instar des transporteurs à bas prix, les compagnies aériennes de loisirs, telles qu’Air Transat, sont plus vulnérables aux fluctuations des prix du carburant que leurs concurrents de plus grande envergure. Le carburant représente souvent une part plus importante de leurs coûts, et elles disposent de moins de marge de manœuvre sous forme de passagers d’affaires à forte marge bénéficiaire, d’une multitude d’options d’itinéraires et d’une clientèle moins sensible à la hausse des tarifs.

Un employé ravitaille en carburant un avion de la compagnie United Airlines à l'aéroport international de Salt Lake City, le 9 avril 2026.

Air Transat est parmi les transporteurs les plus vulnérables aux fluctuations des prix du carburant.

Photo : Getty Images / Justin Sullivan

Nous sommes en concurrence dans un segment où les clients sont très sensibles aux prix, indique Mme Guérard.

Les marges bénéficiaires sur son segment de tarifs en classe économique étaient comparables à celles de ses concurrents, ajoute-t-elle.

La différence essentielle se situe au-delà de la classe économique. Les transporteurs traditionnels disposent de sources de revenus provenant des classes supérieures, des voyages d’affaires et des programmes de fidélité qui ont largement compensé la hausse des coûts du carburant sur l’ensemble de leurs réseaux. Malheureusement, nous ne disposons pas aujourd’hui de ces mêmes leviers à grande échelle, explique-t-elle.

Pour renouer avec la rentabilité, elle précise que Transat continuera de se concentrer sur le lancement d’un programme de fidélité d’ici la fin de l’année – une phase d’essai est déjà en cours – et sur l’élargissement de son offre de tarifs premium au cours du second semestre de 2027, une initiative qui implique la rénovation des cabines de ses avions.

Parmi les destinations desservies par les avions comptant la plus forte proportion de sièges haut de gamme figureront Paris, Londres, le Portugal, la Grèce et Rome, précise-t-elle.

Le chef de la direction financière, Jean-François Pruneau, ajoute que le financement gouvernemental obtenu devrait être suffisant pour couvrir les coûts.

Il apporte une nuance : Mais cette situation est évidemment dynamique et volatile. Et je ne sais pas précisément où en seront les prix du carburant dans un mois, dans deux mois ou dans un an.

L’impact de l’abandon de Cuba

Le gel actuel des voyages vers Cuba a encore entamé les bénéfices de Transat de plusieurs millions de dollars. Un embargo pétrolier de huit mois imposé par les États-Unis a provoqué des pannes d’électricité massives sur toute l’île, forçant les centres de villégiature à fermer leurs portes et les compagnies aériennes à se retirer.

Une casquette où il est écrit Canada.

Au cours du premier trimestre 2026, le nombre de visiteurs venant du Canada, premier pourvoyeur de voyageurs sur l'île, a chuté de 54 %.

Photo : Radio-Canada / Yanik Dumont Baron

Cuba, que Transat a dû abandonner à la mi-février, est une destination populaire auprès des Canadiens, et plus particulièrement des vacanciers du Québec, où la société a son siège social.

C’était un marché très performant, explique Mme Guérard.

Les revenus du troisième trimestre ont progressé de 3 % comparativement à la même période l’an dernier, pour s’établir à 792,7 millions de dollars.

Sur une base ajustée, Transat a enregistré une perte de 2,18 $ par action – bien en deçà des prévisions des analystes –, contre une perte ajustée de 28 ¢ par action un an plus tôt.

Les tirages sur le prêt gouvernemental de 250 millions de dollars seront disponibles jusqu’au 9 septembre 2027, précise la société. Ce prêt est assorti d’un taux d’intérêt de 1,22 % jusqu’en juillet 2029, qui passera ensuite à 3 %.

Transat a utilisé 80 millions de dollars de ce prêt jusqu’à présent.

Elle a également emprunté 30 millions de dollars supplémentaires au cours du trimestre par l’entremise du Crédit d’urgence pour les grands employeurs.

La dette nette de Transat s’élevait à 1,51 milliard de dollars au 31 juillet.

Par ailleurs, Porter Airlines a reçu un prêt de sauvetage de 125 millions de dollars, selon la Corporation de financement d’urgence d’entreprises du Canada.

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