Fissures sur votre maison après la sécheresse : ces signes doivent vraiment vous alerter

Un mur qui lézarde doit-il alarmer son propriétaire ? Pas toujours, mais avec la sécheresse de cet été, le surveiller reste indispensable...
Pourquoi les fissures peuvent apparaître en automne
Géorisques, le site du Gouvernement sur les risques du territoire, est clair : les phénomènes climatiques exceptionnels comme les épisodes de sécheresse associés à des températures élevées, un déficit pluviométrique et une évapotranspiration importante agissent rapidement sur les sols argileux. Ils peuvent se rétracter en profondeur pendant des périodes sèches, puis gonfler avec leur réhydratation lorsque les pluies surviennent. Ce mouvement de « va-et-vient » est un phénomène de retrait-gonflement - RGA - qui fragilise les bâtis.
La sécheresse amène les sols argileux à se rétracter. © Sylvestra, Adobe Stock
En 2026, le Commissariat Général au Développement Durable et Géorisques estiment à 12 millions le nombre de maisons individuelles exposées à cette menace, soit 61 % du parc pavillonnaire français.
Le saviez-vous ?
Toutes les fissures ne sont pas synonymes de problème structurel et leur présence ne signifie pas nécessairement que la sécheresse en est la cause. Une fente fine de moins de deux millimètres qui touche uniquement le crépi ou la peinture et qui n’évolue pas dans le temps s’avère généralement peu préoccupante. Dans tous les cas, surveillez son évolution et demandez l’avis d’un professionnel en cas de doute.
Au total, 55 % du territoire métropolitain est concerné par ces deux niveaux d'exposition. Les zones les plus concernées sont les suivantes : une partie du centre de la France, l'Île-de-France, la Nouvelle-Aquitaine, l'Occitanie et la région Provence-Alpes-Côte d'Azur. En 2022, le coût des sinistres liés à la sécheresse seule avait atteint entre 3 et 3,5 milliards d'euros, un record selon les données de Géorisques.
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Avant de conclure trop rapidement à une fissure formée à cause de la sécheresse, soyez attentif à leur forme, leur profondeur, mais aussi au fait que les murs des maisons de votre voisinage soient également fissurés.
Le premier signal est une fissure en forme d'escalier qui suit les joints de maçonnerie de votre mur. Les fissures horizontales, mais aussi celles proches des ouvertures du bâtiment comme les portes et les fenêtres sont souvent révélatrices de mouvements du sol liés au retrait-gonflement des argiles. Une fissure qui s'allonge ou s'élargit au fil du temps mérite une attention particulière, elle peut annoncer l'évolution du sinistre sur votre maison.
Cette fissure en escalier pourrait bien être la cause d'un retrait-gonflement des argiles. © zimmytws, Adobe Stock
Une fissure de plus de deux millimètres sort du cadre esthétique et si elle lézarde des deux côtés du mur, elle est traversante et doit être examinée tout particulièrement. Un diagnostic pourrait établir si la sécheresse et le retrait-gonflement des argiles sont à l'origine du sinistre.
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Votre maison peut également présenter d'autres anomalies, signalant également des mouvements de terrain : portes ou fenêtres devenant difficiles à ouvrir ou à fermer, sol qui perd sa planéité, carrelage qui se décolle, plancher s'affaissant, dallage qui se sépare du mur ou encore espace apparent entre une cloison et le sol.
Un ou plusieurs de ces signes nécessitent la venue d'un expert et selon leur nature, justifient le caractère urgent d'une expertise. De grands arbres plantés à proximité d'une maison de plain-pied est un des facteurs supplémentaires pouvant également aggraver les symptômes de mouvement du sol.
Les démarches pour être indemnisé
Sous certaines conditions, l'assurance habitation peut couvrir les dégâts liés à la sécheresse. L'indemnisation au titre des catastrophes naturelles suppose qu'un arrêté interministériel reconnaisse officiellement l'état de sécheresse pour votre commune. Dès l'apparition des fissures ou d'autres dégâts, signalez-les à votre assureur et à votre mairie. La commune peut ensuite effectuer une demande de reconnaissance de l'état de catastrophe naturelle auprès du préfet, une démarche devant être effectuée dans les 24 mois suivant le début de la catastrophe naturelle. Si un arrêté interministériel reconnaît cet état, vous disposez de 30 jours à compter de sa publication au Journal officiel pour déclarer le sinistre à votre assureur.
Face aux dégâts liés à la sécheresse sur votre maison, l'indemnisation au titre des catastrophes naturelles peut s'envisager. © Paylessimages, Adobe Stock
Une franchise légale de 1 520 € pour les dommages liés à la sécheresse et à la réhydratation des sols restera à votre charge, sachant que, selon Géorisques, le coût moyen d'un sinistre s'élève à 16 500 €. L'assureur, lui, doit vous indemniser sous trois mois une fois l'état des dégâts transmis. L’été 2026 a été particulièrement sec, alors ne vous aventurez pas à réparer vous-mêmes, observez bien votre maison et n'hésitez pas à solliciter un expert. Mieux vaut faire vérifier que minimiser !
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