Bart De Wever : un dernier coup de pression, pour la route

Encore un ! Car il y en aura eu des coups de pression. Bart De Wever ne cesse d'alerter sur la dégradation de la situation budgétaire depuis des mois. Et jusqu'ici, ces rappels n'ont pas conduit à un déblocage décisif. Alors Bart De Wever a invité hier soir autour de la table du comité restreint le gouverneur de la Banque nationale et le directeur de l'Agence de la dette.
Leur message amplifie celui du Premier ministre : la situation se dégrade plus vite que prévu. La Belgique emprunte pour de plus en plus cher. L'effet boule de neige, l'effet d'emballement automatique de la dette, se produira plus tôt que prévu, en 2029, voire en 2028.
Jusqu'au boutisme du MR
Deux partis inquiètent particulièrement le Premier ministre : Vooruit et le MR. Le MR se dit toujours farouchement opposé à une hausse de TVA à 22 %. Alors Bart De Wever a proposé hier un compromis. La hausse serait en partie compensée par des taux à 0 % sur les produits de base. Il propose aussi d'accélérer la réforme fiscale et la baisse des impôts sur le travail.
Le jusqu'au-boutisme du MR suscite de plus en plus de frustration à la N-VA. Dans Het Laatste Nieuws hier, l'entourage du Premier ministre se demandait si le MR comprenait vraiment la gravité de la situation financière de la Belgique.
Offensive de Vooruit
Alors que le MR est inflexible, Vooruit est offensif. D'abord il y a eu le coup de Vooruit qui a fait capoter au dernier moment le budget flamand. De Tijd parle d'un WhatsApp furieux de Bart De Wever à Conner Rousseau. Il est très inhabituel que la N-VA révèle ce genre de coulisses. Le parti a une communication millimétrée, on peut y voir une dégradation des relations entre les deux hommes.
Une dégradation confirmée par la sortie, totalement assumée celle-là, de Frank Vandenbroucke sur les sociétés de management cette semaine. Vooruit considère que ce dispositif est détourné de son objectif initial pour contourner l'impôt et les cotisations sociales et aurait un coût budgétaire de 4 milliards d'euros. Une offensive tardive, mais qui rejoint des éléments mis sur la table depuis plusieurs mois par le CD&V. Reste que, de manière décidée, Vooruit a publiquement affûté son positionnement de centre gauche et choisit l'affrontement avec le MR.
N'oublions pas, pour le tableau que Sammy Mahdi pour le CD&V et Yvan Verougstraete pour Les Engagés, s'étaient eux aussi profilés de manière plus affirmée il y a quelques semaines déjà.
Combien de perdants ?
La pression monte donc alors qu'on se retrouve à cinq jours désormais de la prise de parole du Premier ministre devant le parlement. Les enchères montent de plus en plus, avant l'abattage final. Il aura lieu normalement ce week-end puisque De Wever dit partout qu'il n'ira pas au-delà de mardi. Je n'oserais aucune prévision, sauf celle-ci : mardi entre De Wever, Bouchez et Rousseau il y aura quoi qu'il arrive un perdant. Au moins un, sans doute deux, et peut-être même trois.
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