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Tuesday, September 29, 2026

Trump secoue le G20

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Cela devait arriver un jour. Le président américain, Donald Trump, a trouvé une occasion de réintégrer son homologue russe, Vladimir Poutine, au sein de la communauté des puissances économiques en l’invitant à participer au sommet du G20 qui aura lieu au début de décembre en Floride. Et, du même coup, il a décidé d’exclure l’Afrique du Sud de la rencontre. Les deux gestes ont de quoi secouer le G20.

Trump est un récidiviste. Pendant son premier mandat (2017-2021), il voulait réintégrer la Russie dans le G7, dont elle avait été exclue en 2014 après avoir annexé la Crimée. Le président américain, toujours admiratif envers les leaders forts, estimait contre-productif d’exclure cette grande puissance, dont la participation aux débats était nécessaire dans plusieurs grands dossiers. Quelques pays membres, comme l’Italie et le Japon, n’étaient pas opposés à l’idée, mais le Canada, la France et l’Allemagne ont rejeté la proposition. Il n’était pas question de reconstituer un G8 comme celui qui existait avant l’annexion.

L’invasion de l’Ukraine en 2022 a durci les positions des Occidentaux au sein du G20, qui regroupe les 19 plus grandes économies du monde, l’Union européenne et l’Union africaine. Si l’exclusion de la Russie du G8 a été facile compte tenu de l’unité idéologique des autres membres, ce ne serait pas le cas avec le G20. La Chine, l’Arabie saoudite, l’Inde, le Brésil, l’Afrique du Sud et plusieurs autres pays du Sud global ont refusé d’adopter des sanctions contre la Russie et entretiennent avec le régime en place à Moscou des liens diplomatiques très forts.

Le G20, comme le G7, est un groupe particulier, écrit dans un courriel le professeur John Kirton, directeur du groupe de recherche sur le G20 et le G7 de l’Université de Toronto. « Il n’a pas été créé par un traité auquel on adhère et qui définit un certain nombre d’obligations légales comme l’ONU ou l’Union européenne. Le G20 prend ses décisions par consensus et les membres peuvent ou non les appliquer. »

Ce caractère informel fait sa force, mais aussi sa faiblesse.

Ainsi, il n’y a pas de règles sur l’expulsion d’un membre. « La seule façon d’écarter un membre d’un sommet est pour l’hôte de ne pas l’inviter », écrit M. Kirton. Et c’est bien ce qu’a décidé le président Trump pour ce qui est de l’Afrique du Sud. L’an dernier, à l’occasion du sommet du G20 à Johannesburg, duquel Trump était absent, le président américain a annoncé de Washington qu’il n’inviterait pas l’Afrique du Sud à Miami. Il reproche à Pretoria de persécuter les fermiers sud-africains blancs et de s’être engagé dans une procédure devant la Cour pénale internationale (CPI) contre les agissements d’Israël à Gaza.

Face au comportement américain, comment les autres États membres du G20 ont-ils réagi ? Dans les deux cas, les protestations ont été pour l’instant bien discrètes. D’une certaine façon, les États membres sont piégés. La règle du consensus les empêche de prendre une décision à propos de la Russie et encourage les États-Unis dans leur volonté de renouer avec Poutine.

Il existe pourtant une option pour se sortir de cet imbroglio. Le sommet du G20 se déroule au niveau des chefs d’État, il est donc difficile pour le pays hôte de contourner le président russe. Depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022, il a toujours été invité, mais il s’est fait remplacer chaque fois. En fait, il a cédé aux pressions diplomatiques de ses amis. Ainsi, deux pays organisateurs de précédents sommets — le Brésil et l’Afrique du Sud, membres de la CPI et donc dans l’obligation d’exécuter le mandat d’arrêt contre Poutine — ont discrètement fait savoir à Moscou leur malaise face à la présence éventuelle du président russe. Ne voulant pas les embarrasser, Poutine est resté chez lui.

La question sud-africaine est plus délicate. Un membre se voit suspendre son droit de participation par la décision unilatérale d’un autre membre. Ce geste ébranle la cohésion du groupe et ouvre la porte à tous les arbitraires. Et si les crimes des Sud-Africains sont si graves, pourquoi inviter la Chine, pourtant accusée de « génocide » contre les Ouïghours, ou l’Inde, accusée de persécuter les musulmans ?

Le G20 a été créé comme un forum à vocation économique. Avec les années, il a étendu le champ de ses discussions à d’autres questions, comme la sécurité. Il fonctionne essentiellement sur la base des intérêts bien sentis entre membres et non sur des valeurs communes. La défense de la démocratie, des droits de la personne, des libertés n’est jamais abordée. C’est ainsi que les membres ont voulu ce regroupement. Dans cette optique, la Russie et l’Afrique du Sud ont toute leur place au prochain sommet, à Miami.

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