Russie : des commanditaires menacent de se retirer du Championnat du monde de hockey

La pression sur la Fédération internationale de hockey sur glace (IIHF) s’est accentuée, mercredi, après que deux commanditaires majeurs du Championnat du monde masculin eurent indiqué qu'ils réexamineraient leur engagement si la Russie y participait.
Le principal commanditaire du tournoi, le constructeur automobile Skoda, a déclaré qu’il réévaluerait
sa participation si la Russie prenait part à la compétition, tandis qu’un autre partenaire de longue date, Strauss, a indiqué qu’il refuserait que son logo y soit affiché.
Le Tribunal arbitral du sport (TAS) a statué la semaine dernière que l'IIHF devait réintégrer les équipes russes, à commencer par le Championnat du monde junior qui commencera, le mois prochain, au Canada.
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Des puissances du hockey, comme la Suède, la Finlande et la Tchéquie, ont annoncé mardi qu'elles refuseront d'affronter la Russie au mondial de l'an prochain. Une vague de boycottage déferle sur l'Europe et comprend maintenant près de la moitié des 16 pays inscrits au tournoi masculin.
Nous ne soutenons pas la décision du TAS concernant la participation des équipes nationales russes aux compétitions de l’IIHF
, a déclaré par communiqué envoyé par courriel le constructeur automobile Skoda, basé en République tchèque et filiale du groupe allemand Volkswagen.
Alors que l’agression russe se poursuit, nous estimons que le retour de l’équipe nationale russe au Championnat du monde est incompatible avec les valeurs que nous avons toujours défendues
, a-t-on ajouté.
Si l’équipe nationale russe participe au tournoi, nous réévaluerons notre engagement et prendrons des mesures supplémentaires. Nous suivons attentivement la situation, restons en contact étroit avec nos partenaires et sommes convaincus qu’une solution constructive peut être trouvée
, a précisé Skoda.
Skoda est un commanditaire du tournoi depuis plus de 30 ans.
Par ailleurs, le président et directeur des opérations de Strauss, une entreprise spécialisée dans les vêtements et équipements de travail, a dit que sa société pourrait retirer sa commandite si la Russie venait à participer au tournoi, illustrant ainsi une pression accrue en provenance d’Allemagne.
Nous sommes partenaires du Championnat du monde de hockey depuis de nombreuses années et nous accordons une grande valeur à notre collaboration avec l’IIHF
, a souligné Henning Strauss dans un communiqué transmis par courriel.
Si, en raison de la décision du TAS, l’équipe nationale russe devait participer au Championnat du monde 2027 en Allemagne, nous renoncerions à toute visibilité de notre logo dans le cadre du tournoi. Nous envisageons également de mettre fin à notre entente de commandite
, a-t-il poursuivi.
De son côté, le fabricant finlandais de pneus Nokian Tyres a annoncé mardi qu’il ne parrainerait plus le Championnat du monde si la Russie est admise.
Tiina Frazer, vice-présidente principale chargée de la marque, du marketing et des communications, a déclaré que, dans les circonstances actuelles, maintenir ce parrainage, si la Russie participe, ne serait pas en phase avec nos valeurs
.
Cette annonce s'est produite au lendemain de la déclaration du fabricant suédois de mobilier AJ Products, commanditaire du tournoi depuis 1989, indiquant qu’il demanderait le retrait de son logo si la Russie devait jouer.
L'IIHF a sous-estimé
l'impact du retour de la Russie
L’IIHF a déclaré mercredi que l’impact de cette décision avait été considérablement sous-estimé
et qu’elle était encore en train de réfléchir à la marche à suivre.
L’IIHF a pris connaissance des récentes déclarations faites par des parties prenantes clés au sujet de cette décision et analyse attentivement les différents scénarios découlant de la décision du TAS
, a-t-elle fait savoir.
Comme cela a été exposé devant le TAS, la réintégration immédiate des équipes russes soulève des défis pratiques et sportifs majeurs – notamment en ce qui concerne les visas et les conditions d’entrée sur le territoire, les mesures de sécurité, les contraintes logistiques et les répercussions sur le format des compétitions –, le tout aggravé par le peu de temps disponible, certains événements devant se tenir dans quelques semaines seulement
, a rappelé l'organisation qui chapeaute le hockey sur la planète.
L’impact global de la décision rendue par le TAS ainsi que les défis qu’elle engendre pour toutes les parties concernées ont été considérablement sous-estimés
, a réitéré l'IIHF.
L'Autriche se joint au mouvement de boycottage
La fracture dans le monde du hockey s'est accentuée mardi, puisque la Suède, 11 fois championne, la Norvège, la Lettonie et le Danemark ont ratifié une entente de boycottage, sans compter la menace des commanditaires majeurs de se retirer de l'aventure, après que la Finlande eut annoncé lundi qu’elle ralliait d’autres pays à son appel au boycottage des matchs contre la Russie.
La Fédération tchèque de hockey a décidé d'adhérer au mouvement, après avoir initialement indiqué qu'elle attendrait une rencontre de son conseil d'administration, la semaine prochaine, pour rendre sa décision. L'Autriche a aussi annoncé qu'elle joignait le mouvement de boycottage mardi soir, devenant ainsi le septième pays à y adhérer.
Le directeur général de la Fédération autrichienne de hockey, Alexander Helwig, a déclaré au diffuseur ORF : À l'heure actuelle, nous ne jouerions certainement pas contre la Russie
, s'inscrivant ainsi dans une opposition européenne plus large.
Le ministre russe des Sports, Mikhaïl Degtiariov, a affirmé mardi, dans une déclaration transmise par l'agence de presse russe Tass, qu'il s'attendait à ce que des victoires soient attribuées à son pays si d'autres nations renonçaient à disputer les rencontres.
Il a également indiqué que la Russie transmettrait au Comité international olympique des informations concernant d'éventuels boycottages, ainsi que sur l'attitude des pays hôtes des compétitions.
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