A Schaerbeek, les élèves de Saint-Dominique se mobilisent aussi : "Il y va de notre avenir"

"Rimbaud s’était révolté pour moins que ça", "Désolé du dérangement, j’essaie de sauver mon avenir" ou encore "Je n’ferais pas 39 H pour 35 francs de l’heure"… Sur des pancartes en carton, les élèves de Saint-Dominique, école secondaire du libre située à Schaerbeek, ont exposé bons mots et formules chocs. Leur but : interpeller et dénoncer, disent-ils, les mesures d’économies prévues dans l’enseignement par la Fédération Wallonie-Bruxelles. Il est 7h30 ce jeudi et quelques jeunes de l’école ont installé des barrières pour un blocage de l’établissement de 48 heures.
"Suite à tous les mouvements à Liège, à Bruxelles, on a décidé de ne pas rester silencieux face à la situation. On a décidé de se faire entendre. Et quoi de mieux que bloquer l’école pour ça ?", nous explique Lou Burnet, rhétoricienne, l’une des chevilles ouvrières du mouvement au sein de "Saint-Dom". Elle nous le confirme : les élèves ont le soutien de leur direction et des enseignants, histoire d’éviter tout débordement comme à Liège. Des réunions ont même été organisées en ce sens.
"Ce jeudi, nous allons bloquer l’école jusqu’à minimum 14h30, heure de fin des cours, histoire de faire annuler les cours pour que le mouvement soit vraiment entendu", enchaîne l’étudiante. "Et ce vendredi, entre 9h et 11h, les élèves se rendront en groupes jusqu’à la gare centrale pour la manifestation nationale. Un groupe restera malgré tout devant l’école pour maintenir le blocage et se faire entendre ici dans le quartier."
La pression de ne pas rater avec un minerval à 1200 euros
Se faire entendre autour de leur opposition à plusieurs décisions adoptées par le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles : le minerval à près de 1200 euros, la fin de la gratuité des repas chauds pour les plus précaires, le décret paysage…
Noé, qui entame sa sixième à Saint-Dominique évoque notamment son stress lié à la hausse du montant du minerval dans le supérieur. "1200 euros, c’est un budget", soupire le jeune homme. "Tu as envie de faire des études mais tu te dis quand même : est-ce que ça va être vraiment possible ? Et après, t’as aussi une pression. Il faut évidemment toujours réussir ses études. Mais quand tu as déboursé 1200 euros, cette pression est plus grande. Tu rates ? Tu dois payer encore 1200 euros ou tu dois abandonner faute de moyens. Il y a des parents pour qui cette somme ne représente rien. Et d’autres pour qui c’est plus compliqué."
En tout cas, devant leur école, Noé et Lou tiennent à rassurer quant à la volonté du mouvement. "Il doit être bon enfant. Notre but est de montrer qu’il y a aussi des écoles où tout se passe calmement. On n’est pas là pour foutre le bordel même si nous avons les mêmes revendications…"
L’année dernière, lors des grèves menées par les enseignants, les élèves avaient accompagné le mouvement. "J’espère sincèrement qu’on sera enfin entendu pour que notre scolarité puisse reprendre de manière plus classique. Tout cela n’amuse personne mais on le fait parce qu’on a besoin de le faire, dans le sens où c’est notre avenir", conclut Noé.
Mercredi, à Bruxelles, les élèves de 11 écoles avaient décidé de mener des actions.
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