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Thursday, September 10, 2026

La guerre tarifaire ferme la porte aux demandes pour contrer la crise des médias, croit Louis Audet

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En février 2025, une coalition de médias d’ici, ainsi que des acteurs du milieu, signait une lettre ouverte demandant à Ottawa de mettre fin à l’absence des dépenses publicitaires effectuées par des annonceurs canadiens dans les médias numériques étrangers dans le calcul de leurs impôts sur le revenu pour remédier à la crise des médias. Près de trois ans plus tard, leurs demandes sont restées lettre morte et Louis Audet, l’un des signataires et président du conseil d’administration de Cogeco, soutient avoir « abandonné en désespoir » faire valoir une telle idée.

En cause : le contexte de guerre commerciale avec les États-Unis, explique-t-il en entrevue au Devoir en amont d’un discours sur l’itinérance livré jeudi devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain. « On voit que c’est un désastre total. On voit qu’on fait face à une telle intimidation [du gouvernement du président américain, Donald Trump,] que les idées dont moi et d’autres avons fait la promotion il y a trois ans sont mortes. »

« Ils veulent nous annexer. Donc, assurer notre survie culturelle, on oublie ça », lance-t-il en précisant qu’avec le « climat » actuel entre les États-Unis et le Canada, formuler une nouvelle mouture de sa demande relève de l’« impossible ».

Mettre fin aux lois visant à promouvoir le contenu canadien sur les plateformes en ligne étrangères était l’une des demandes évoquée par les négociateurs américains lors de la dernière ronde de négociations commerciales qui se sont déroulés en août. La demande n’a pas passé pour le Canada et les négociations ont finalement échoué.

En juin dernier, le gouvernement du premier ministre canadien, Mark Carney, a aussi fait tomber son projet de faire payer les grands diffuseurs en ligne à hauteur de 15 % de leurs revenus pour financer le contenu canadien. Bien que ce fût une demande du gouvernement Trump, Ottawa avait assuré que la décision a été prise pour « renforcer l’abordabilité ». Contrairement à ce qui était prévu dans la réforme de la Loi sur la radiodiffusion, ce ne sont donc pas les Netflix ou Disney + de ce monde qui paient les quelque 600 millions de dollars en soutien aux secteurs audiovisuel canadien, mais bien les contribuables.

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