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Monday, November 2, 2026

Éthiopie: quatre ans après l’accord de paix de Pretoria, que sont devenus les déplacés tigréens?

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Il y a tout juste quatre ans était signé l’Accord de paix de Pretoria qui a mis fin à la guerre du Tigré. Plus de 750 000 personnes, déplacées par le conflit, attendent toujours de rentrer chez elles. La plupart ont été forcées de quitter le Tigré occidental, zone désormais administrée par la région voisine de l’Amhara. Près de 50 000 de ces déplacés vivent dans le camp de Seba Kare, à l’écart de la capitale régionale Mekelle. Quelles sont les conditions de vie dans le camp ? Et quelles sont leurs attentes, alors que le gouvernement fédéral a repris le contrôle de la région ? RFI a recueilli leurs témoignages.

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Avec notre correspondante, de retour de Seba Kare, Marlène Panara

Hiwot discute avec quelques clients assis sur des tabourets en plastique. Cette mère d’une petite fille de 11 ans a ouvert ce minuscule café, en plein centre du camp, pour se faire un peu d’argent.

Depuis quelques mois, la distribution alimentaire, coordonnée par l’ONG américaine Catholic Relief Service, se fait au compte-gouttes.

« La dernière fois que l’on a reçu de l’aide, c’était il y a plus d’un mois. Tout le monde se plaint ici, car on est tous logés à la même enseigne. On a tous besoin de nourriture. Je me demande comment on peut laisser les gens comme ça, sans rien », s’indigne Hiwot.

À quelques pas de là, au détour d’un chemin étroit entre les tentes blanches, Selam verse la pâte de l’injira – galette traditionnelle éthiopienne consommée au quotidien – sur un four artisanal de terre cuite.

La reprise de Mekele par l’armée fédérale, le 3 octobre, a ravivé, chez la jeune femme, l’espoir d’un retour chez elle, au Tigré occidental : « Cela fait plusieurs années qu’on nous répète systématiquement la même chose : "Vous rentrerez chez vous avant le 30 juin, et la saison des pluies", mais d’après les rumeurs qui courent, cette fois, ce serait vrai. Alors, je prie pour ça, et j’espère pouvoir partir bientôt. On rentrerait tous ensemble, avec mes parents. »

Une fois à Kefta Humera, sa ville de naissance, Selam aimerait reprendre ses études d’infirmière, interrompues par la guerre.

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