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Thursday, September 10, 2026

Elle voulait l’absolution | Prison à la maison pour une enseignante qui a fauché une brigadière et un enfant

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Une chauffarde a été condamnée jeudi à 10 mois de prison à la maison pour avoir fauché une éducatrice, une brigadière et un élève en reculant à contresens sur un trottoir rempli d’enfants. Le juge a refusé de lui accorder une absolution.

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Le 30 septembre 2022, à la fin des classes, on compte 26 jeunes sur le trottoir près de l’Hôpital général de Montréal. C’est à ce moment que la délinquante recule son véhicule sur 77 mètres sur le chemin de la Côte-des-Neiges, jusqu’à l’avenue du Docteur-Penfield. Elle heurte alors trois piétons et terminé sa course sur un poteau.

Une vidéo déposée en preuve montre à quel point sa manœuvre était dangereuse.

« [Cette manœuvre] demeure un mystère. Elle est incompréhensible », a résumé le juge Martin Chalifour jeudi au palais de justice de Montréal.

Diana Antonella Koungou Anyeng, une enseignante de 40 ans, a été reconnue coupable, l’an dernier, de négligence criminelle causant des blessures à trois personnes. Une décision portée en appel.

Un garçon de 12 ans a subi une grave blessure à la jambe, alors qu’il venait d’être recruté dans l’équipe de basketball de son école. Quant à une éducatrice de 28 ans, sa vie a été détruite. Elle ne peut plus travailler, son mariage s’est effondré et elle peine encore à marcher quatre ans plus tard.

« J’ai peur de mourir chaque jour pendant une activité routinière », a-t-elle confié dans une lettre crève-cœur.

Selon le juge Chailfour, la délinquante a commis ce jour-là une « erreur de jugement ».

La Couronne réclamait une peine de deux ans, moins un jour, de prison à la maison, alors que la défense plaidait pour une peine très clémente, soit une absolution conditionnelle. Une personne absoute n’a plus de casier judiciaire après trois ans.

Selon la défense, un casier judiciaire risquait de nuire à la carrière de Diana Antonella Koungou Anyeng. Cette enseignante en adaptation scolaire auprès des enfants autistes s’apprête à terminer son baccalauréat et rêve de devenir orthopédagogue.

Le fait que l’absolution soit possible dans un tel dossier, dans un contexte de conduite automobile, résulte d’une « anomalie législative », analyse le juge. Car si la délinquante avait été reconnue coupable de conduite dangereuse, elle n’aurait pas été admissible à l’absolution. Pourtant, la barre est plus élevée pour prouver la négligence criminelle.

Le juge convient qu’une absolution est dans « l’intérêt véritable » de la délinquante. Cependant, l’absolution est contraire à l’intérêt public, a-t-il déterminé, compte tenu de la gravité du crime et du degré de responsabilité morale de l’accusée.

Néanmoins, le juge a retenu plusieurs facteurs atténuants en faveur de la délinquante, dont ses remords sincères, son absence d’antécédent judiciaire et le risque de récidive nul. C’est pourquoi le juge lui a imposé une peine de 10 mois de prison dans la collectivité, assortie d’une probation de deux ans et de 150 heures de travaux communautaires.

MSylvie Dulude a représenté le ministère public et MVincent Petit a défendu la délinquante.

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