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Monday, October 26, 2026

Les festivals gagnent des centaines de milliers d’euros avec l’argent laissé sur les bracelets: une députée veut faciliter les remboursements

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La députée Leentje Grillaert (CD&V) a déposé, en coopération avec Les Engagés, une proposition de loi visant à faciliter le remboursement des crédits utilisés lors des festivals. © BELGA

Délais serrés, formulaires en ligne compliqués et frais administratifs parfois élevés: face à tant d’obstacles, de nombreux festivaliers ne réclament pas l’argent laissé sur leurs bracelets. Résultat: ces centaines de milliers d’euros non dépensés finissent dans les poches des organisateurs de festivals. D’où une proposition de loi censée remédier à cette situation.

Source: HLN

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Quiconque s’est rendu à un festival ces dernières années ne peut l’ignorer: les tickets papier permettant d’acheter à boire et à manger ont presque totalement été remplacés par des puces numériques intégrées à des bracelets ou à des cartes sans contact, rechargeables avec des jetons aux noms évocateurs tels que Coins (Rock Werchter), Pearls (Tomorrowland) ou Skullies (Graspop).

Les festivaliers de Rock Werchter paient désormais avec des “jetons” (“Coins”). © BELGA

Fini donc les tickets froissés dans la poche du pantalon, qu’on perdait facilement. Mais dans la pratique, le festivalier troquait un inconvénient contre un autre. Comme un jeton vaut rarement exactement un euro, on perd rapidement le fil de ses dépenses. Parfois, ceux qui ont encore de l’argent sur leur bracelet le dimanche soir se heurtent ensuite à une véritable galère administrative pour récupérer ces euros restants.

“On va à un festival, à un concert ou à un événement sportif pour s’amuser, pas pour se lancer ensuite dans une quête compliquée afin de récupérer son argent durement gagné”, affirme Leentje Grillaert, députée CD&V, qui a fait des sujets de consommation sa spécialité. “Pour récupérer le solde qui vous revient, il faut souvent se donner beaucoup de mal: s’inscrire via un site web ou une application, retrouver son code unique, saisir son numéro de compte…”

Et tout cela doit en plus se faire dans un délai bien précis. De nombreux festivals appliquent ce qu’on appelle une “fenêtre de réclamation” d’à peine dix à vingt jours. “Ceux qui partent immédiatement en vacances après le festival ou qui jettent leur bracelet à leur retour chez eux ont définitivement perdu leur argent. Cela n’est pas très juste pour les festivaliers.”

De plus, certains organisateurs facturent des frais élevés pour les remboursements: généralement entre 1,50 et 3,80 euros – ce qui, et ce n’est pas un hasard, correspond souvent au prix d’une consommation. Si, après Werchter, Tomorrowland ou Graspop, il vous reste 3,50 euros sur votre carte, vous ne recevrez donc aucun remboursement. Les frais administratifs absorbent l’intégralité du solde restant.

Par conséquent, chaque été, plusieurs centaines de milliers d’euros issus de petits montants résiduels ne sont tout simplement pas réclamés. Pour donner une idée, si un tiers des 150.000 visiteurs uniques de Rock Werchter se retrouvent avec trois euros restants sur leur bracelet à la fin du festival, 150.000 euros resteront de facto dans les caisses de Live Nation. Si un autre tiers demande effectivement le remboursement, cela rapporte encore 175.000 euros. Live Nation précise que les “frais de remboursement” de 3,50 euros pour Rock Werchter “sont vérifiés et traités manuellement pour chaque demande de remboursement”.

Source de revenus

Ces crédits non réclamés constituent pour ces organisations une source de revenus considérable, comme le souligne Laura Clays de Testachats, qui soulève cette question depuis longtemps. “Les festivals savent qu’une part importante des visiteurs renonce en raison des formalités fastidieuses ou des frais de transaction. Tant que cet argent reste entre les mains de l’organisateur, il subsiste une incitation perverse à rendre le remboursement aussi peu attractif que possible.”

Pukkelpop, qui avait encore conservé le système classique des tickets-repas l’été dernier, ne rembourse même pas un centime de l’argent non dépensé sur les tickets Food & Drink.

Le site de Pukkelpop a accueilli près de 66.000 festivaliers par jour en 2026. © An Rogier / Photo News

“30-30-1”

Le SPF Économie a déjà interpellé les festivals à plusieurs reprises à ce sujet. Mais en l’absence de législation spécifique, il est très difficile de faire respecter la loi. C’est pourquoi Leentje Grillaert et Les Engagés présentent une proposition de loi fixant des règles contraignantes, avec notamment une règle claire dite des “30-30-1”.

“Les organisateurs ne doivent plus compliquer inutilement la vie de leurs visiteurs”, déclare Leentje Grillaert. “Dans notre proposition, le consommateur dispose d’un délai de 30 jours après l’événement pour demander un remboursement. Le montant doit ensuite être versé sur le compte dans les 30 jours, et les frais administratifs ne peuvent dépasser 1 euro.” Les organisateurs ne devraient en outre plus facturer de frais d’activation pour les paiements sans espèces.

Image d’illustration. © BELGA

Un remboursement gratuit?

Testachats souhaite aller encore plus loin et continue de plaider en faveur d’un remboursement entièrement gratuit: “C’est l’organisateur qui met en place le système et qui en tire profit. Le festivalier ne doit donc pas avoir à payer pour pouvoir utiliser son propre argent.” Des festivals tels que les Lokerse Feesten et Alcatraz démontrent d’ores et déjà qu’un remboursement gratuit est tout à fait possible.

L’association de consommateurs estime également que le délai proposé devrait être plus long. “Pour nous, ces 30 jours constituent un minimum”, explique Laura Clays. “D’autres obstacles doivent également être supprimés. Certains festivals vous font attendre jusqu’à cinq jours après la fin de l’événement avant même de pouvoir introduire une demande de remboursement. Cela devrait pouvoir se faire immédiatement, du moins tant que le festival a été organisé peu auparavant. En outre, les montants minimums obligatoires ou les tranches fixes – comme à Dour, où l’on ne peut recharger que par tranches de 5 euros – ne sont pas abordés dans la proposition, alors qu’ils entraînent mathématiquement, et presque automatiquement, des soldes restants.”

Remboursement automatique

Testachats plaide également pour d’autres mesures. “Si le festivalier est identifié parce qu’il a rechargé son compte en ligne, le solde devrait être automatiquement reversé sur son compte. Il faudrait au moins qu’un rappel lui soit envoyé.” Tomorrowland prouve que cela est techniquement possible, puisque le festival rembourse déjà automatiquement les “Pearls” achetées en ligne, même s’il prélève tout de même deux “Pearls” à ce titre.

Les partis impliqués dans cette réflexion pensent également à étendre ce futur système en-dehors des festivals. La même protection devrait ainsi également s’appliquer dans les stades, les salles de spectacle et les parcs d’attractions.

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