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Wednesday, October 14, 2026

"Double injustice", "réponse globale face aux géants qui licencient" : le politique réagit aux pertes d'emplois chez GSK

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Le gouvernement wallon a été le premier à réagir. "Derrière les chiffres annoncés et au-delà de l’impact économique, nous sommes face à un drame humain majeur" ont déclaré le ministre-président Adrien Dolimont et le ministre régional de l’Emploi, Pierre-Yves Jeholet. Ils ont l’intention de rencontrer "sans délai" la direction de GSK et les organisations syndicales. Il faut dire que l’ampleur de la restructuration du premier employeur privé de Wallonie a de quoi inquiéter d’autant plus qu’elle s’avère plus importante que prévu. 1217 personnes, 1217 employés et cadres des sites de Wavre et de Rixensart sont concernés.

Nous sommes pleinement mobilisés.

Le gouvernement wallon

"Nous sommes pleinement mobilisés pour examiner toutes les possibilités des différents niveaux de pouvoirs afin de défendre l’emploi, les compétences et les activités stratégiques concernées", affirment Adrien Dolimont et Pierre-Yves Jeholet. Outre les emplois directs menacés, ils soulignent aussi l’impact sur l’ensemble de la filière biophamaceutique wallonne.

Sauver la Pharma Valley belge.

David Clarinval, ministre fédéral de l’Emploi

Le ministre fédéral de l’Emploi insiste aussi sur cet aspect : "Il est urgent de prendre des mesures au niveau de la santé ou de la fiscalité si nous voulons sauver la Pharma Valley belge", a réagi David Clarinval : "Si nous n’agissons pas maintenant, d’autres entreprises pourraient choisir de réduire leurs activités en Belgique."

Il a l’intention de s’entretenir rapidement avec la direction et les syndicats, de concert avec les autorités wallonnes. Toutes les solutions pour éviter les pertes d’emploi doivent être examinées, "notamment la mobilité interne, la formation et le redéploiement vers d’autres activités du groupe" ajoute-t-il. Et il dit aussi attendre de GSK qu’il précise les raisons de sa restructuration et ses conséquences.

C’est l’ensemble de notre industrie pharmaceutique qui est sous pression.

Yvan Verougstraete, Les Engagés

Du côté des Engagés, on veut miser sur la mise en place rapide d’une task force interfédérale pour "parler d’une seule voix face à la direction du groupe et défende une véritable perspective industrielle à long terme", suggère le président Yvan Verougstraete. "C’est l’ensemble de notre industrie pharmaceutique qui est sous pression". "Nous devons agir à la fois sur l’urgence sociale et sur l’avenir industriel de notre pays et de l’Europe."

Il réclame aussi la mobilisation du Fonds européen d’ajustement à la mondialisation (qui est intervenu pour les travailleurs de Cora).

C’est une double injustice.

Sofie Merckx, PTB

Dans l’opposition, également, les réactions outrées et inquiètes fusent. Le PTB exige ni plus ni moins le remboursement des aides publiques en cas de licenciement. Selon les chiffres de la CSC relayés par le PTB, GSK a bénéficié d’au moins 481 millions d’euros d’aides publiques et d’avantages fiscaux pour la seule année 2025. "C’est une double injustice", a déclaré la députée fédérale Sofie Merckx qui parle d’indécence. Roberto D’Amico, député PTB et président de la commission de l’Économie à la Chambre, demandera l’audition de la direction de GSK Belgique pour qu’elle s’explique devant le Parlement.

Le respect des règles du jeu

Gilles Vanden Burre, Ecolo

Pour le co-président Ecolo Gilles Vanden Burre, la "priorité politique majeure" est l’accompagnement des travailleurs licenciés et la mise en places de cellule de reconversion. Lui aussi s’exprime sur les aides allouées : "Au vu des importants subsides octroyés au secteur, de nombreux leviers existent, notamment en termes de conditionnalité de ces aides". Il réclame "le respect des règles du jeu, que ce soit au niveau social ou environnemental". Et d’ajouter : "Engranger des milliards de bénéfices et considérer les travailleurs comme des variables d’ajustement est, à cet égard, inacceptable."

Il faut trouver une réponse globale face aux géants qui licencient massivement.

Paul Magnette, PS

Les socialistes parlent d’un "nouveau tremblement de terre pour notre économie". Le président du PS Paul Magnette va aussi sur le terrain des aides publiques : "Il faut trouver une réponse globale face aux géants qui licencient massivement alors qu’ils font des milliards de bénéfices chaque année, tout en percevant des aides publiques", souligne Paul Magnette. "L’urgence est là".

Il n’est absolument pas question de fermer nos sites en Belgique.

Elisabeth Van Damme, la porte-parole de GSK

Face à ces réactions, GSK l’affirme : "Il n’est absolument pas question de fermer nos sites en Belgique". "L’idée de ces changements est justement de rester compétitifs à l’avenir et de garantir la pérennité de nos sites en Belgique", a insisté Elisabeth Van Damme, la porte-parole du groupe pharmaceutique. Le groupe dispose notamment dans le pays d’un centre de recherche et développement figurant parmi ses trois plus importants au monde. Le site de Wavre est, quant à lui, l’un des plus grands sites mondiaux de production de vaccins. La Belgique représente actuellement plus de 50% des volumes de vaccins produits par GSK dans le monde.

En réalité, la société va bien !

Un travailleur présent à Wavre ce mercredi matin

Quant aux travailleurs, ils se montrent amers en se demandant : Pourquoi ? Pourquoi cette restructuration alors que "en réalité, la société va bien !", disait encore un employé ce matin à Wavre.

La restructuration annoncée mercredi, qui pourrait s’étaler sur deux ans, prévoit la suppression d’un maximum de 1217 postes, dont 735 cadres et 482 employés. Les ouvriers sous contrat à durée indéterminée ne sont pas concernés à ce stade.

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