Stelco : « Ils ne peuvent pas prétendre qu’il s’agit là d’un cas de force majeure »

Le propriétaire américain de Stelco ne peut invoquer la guerre commerciale pour supprimer des postes à l'aciérie d'Hamilton. C'est le rappel à l'ordre que la ministre de l'Industrie du Canada, Mélanie Joly, a adressé mercredi à Cleveland-Cliffs, qui s'était engagé à préserver les emplois lors de l'acquisition de l'entreprise canadienne.
Mme Joly rappelle également que le PDG de l'entreprise, Lourenco Goncalves, a publiquement soutenu les droits de douane américains sur l'acier.
Par conséquent, l'entreprise ne peut justifier le licenciement de 500 travailleurs en disant que la situation est indépendante de sa volonté.
Il est favorable à ces droits de douane américains sur l'acier
, a-t-elle insisté, en référant à M. Goncalves. Ils ne peuvent pas prétendre qu'il s'agit là d'un cas de force majeure.
Si l'entreprise ne répond pas à la demande du gouvernement fédéral exigeant un plan détaillé de la manière dont elle compte respecter tous ses engagements, y compris le maintien de plus de 1500 emplois, Ottawa prendra des mesures pour en assurer l'application, précise Mme Joly.
Ils doivent se conformer aux règles, indique-t-elle. Sinon, nous appliquerons toute la rigueur de la loi.

Cleveland-Cliffs, une entreprise basée en Ohio, a fait l'acquisition de Stelco et de son aciérie de Hamilton en Ontario en 2024 avec l'accord du gouvernement canadien. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Patrick Morrell
Le Canada avait donné son feu vert à l'entreprise américaine Cleveland-Cliffs pour le rachat de Stelco en 2024, en vertu de la Loi sur Investissement Canada.
L'approbation du Canada à ce rachat était conditionnée au maintien, par le nouveau propriétaire, du nombre d'emplois syndiqués ainsi que de la majorité des postes non syndiqués.
Lundi, Mme Joly a adressé une lettre au président de Stelco, Paul Simon, exigeant un plan exposant comment Cleveland-Cliffs compte respecter tous les engagements pris envers Ottawa lors de l'acquisition de Stelco, y compris ceux relatifs aux emplois.
Ottawa n'a pas encore reçu de réponse de la part de Stelco concernant cette lettre, souligne Mme Joly.
Par ailleurs, elle a distingué les suppressions d'emplois prévues chez Stelco des récentes réductions d'effectifs et perturbations dans le secteur automobile, soulignant que Cleveland-Cliffs avait pris des engagements juridiquement contraignants en matière d'emploi lors du rachat de l'aciérie. Ces obligations sont contraignantes.
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