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Thursday, October 8, 2026

Changements climatiques | Les émissions de gaz à effet de serre déjà en hausse

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(Ottawa) Le Canada s’éloigne un peu plus de ses cibles climatiques. Les émissions de gaz à effet de serre (GES) ont augmenté en 2025 alors qu’elles devraient diminuer, selon une analyse de l’Institut climatique du Canada. La dernière année a été marquée par de nombreux reculs en matière d’environnement, si bien que même l’objectif de carboneutralité en 2050 semble hors d’atteinte.

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« L’augmentation des émissions du Canada est survenue en même temps que les gouvernements ont supprimé ou affaibli d’importantes politiques en matière de climat, tout en planifiant des projets à forte intensité d’émissions », note l’organisme de recherche indépendant.

« Cette combinaison exercera une pression à la hausse sur les émissions dans les années à venir », met-il en garde.

Son rapport annuel sur l’estimation préliminaire des émissions de GES est publié ce jeudi au moment où les députés de la Chambre des communes s’apprêtent à adopter le projet de loi C-39 en deuxième lecture pour accélérer les projets d’exploitation des ressources naturelles. Il s’appuie sur diverses données publiques sur la production d’électricité, de gaz naturel, de fer et d’acier, d’animaux de ferme et d’engrais trouvées dans des bases de données comme celles de Statistique Canada.

L’Institut climatique du Canada estime qu’en tout, 691 mégatonnes d’équivalent CO2 ont été émises au pays en 2025, soit une hausse de 0,9 % par rapport à l’année précédente. Ça peut sembler faible comme augmentation, mais cela représente environ 1,3 million d’automobiles sur la route pendant une année.

« C’est dû principalement à l’usage du gaz naturel », explique Ross Linden-Fraser, directeur intérimaire de la plateforme 440 mégatonnes de l’Institut climatique du Canada qui analyse les politiques publiques en matière de réduction des GES.

Le secteur de la production d’électricité dépend de plus en plus du gaz naturel, ce qui freine les gains réalisés grâce à l’élimination progressive de l’électricité au charbon. L’autre secteur qui a connu une augmentation est celui du bâtiment en raison d’un hiver plus froid en 2025.

Les émissions du secteur pétrolier et gazier – le plus grand émetteur au pays – sont demeurées stables, tout comme celles du secteur des transports, qui est le deuxième émetteur en importance. Celles de l’industrie lourde ont « très légèrement » diminué, ce que l’Institut climatique du Canada attribue davantage « au ralentissement de l’activité économique qu’à la décarbonation ».

Retard de 20 ans

M. Linden-Fraser note que le Canada accuse maintenant un retard de 20 ans sur sa cible de réduction des GES pour 2030, selon une analyse publiée en septembre par l’Institut climatique du Canada1. Le Canada s’était engagé dans le cadre de l’Accord de Paris sur le climat à réduire ses émissions de 40 à 45 % en 2030 par rapport aux niveaux de 2005 et à atteindre la carboneutralité d’ici 2050. L’objectif est de limiter l’augmentation de la température mondiale sous la barre des 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels.

« Même si c’est ça l’objectif, nous constatons qu’on n’est pas sur la bonne voie pour l’atteindre », constate M. Linden-Fraser.

Il est toujours possible d’atteindre la carboneutralité, mais si on veut respecter cet engagement, on a besoin de renforcer nos politiques climatiques.

Ross Linden-Fraser, directeur intérimaire de la plateforme 440 mégatonnes de l’Institut climatique du Canada

Malgré les reculs en environnement, certains des engagements du gouvernement Carney pourraient tout de même permettre au Canada d’y parvenir. Il a promis de doubler la production d’électricité d’ici 2050 avec sa Stratégie nationale d’électrification tout en produisant davantage d’énergie propre, de renforcer la taxation du carbone industriel et de remplacer la norme pour les véhicules électriques avec un nouveau règlement sur les émissions des véhicules à essence.

Le premier ministre Mark Carney doit annoncer de nouvelles mesures à Sherbrooke ce jeudi pour « offrir une énergie propre ». Il avait déjà signalé en juin que le Canada n’atteindrait pas la cible de réduction des GES fixée par le gouvernement de son prédécesseur Justin Trudeau.

« Les changements qu’on a apportés entraîneront une hausse de nos émissions au cours des prochaines années par rapport à ce qui était prévu dans le plan du gouvernement précédent, mais je ne crois pas que ce plan était viable à long terme », avait-il dit dans une vidéo sur l’avenir énergétique du Canada.

M. Carney a déjà été envoyé spécial des Nations unies pour l’action climatique. Son gouvernement financera la construction d’un nouvel oléoduc des sables bitumineux de l’Alberta vers la Colombie-Britannique. Il a aussi annoncé plusieurs projets de gaz naturel liquéfié, mais il participera à l’agrandissement de la centrale hydroélectrique de Churchill Falls à Terre-Neuve-et-Labrador qui produira de l’énergie propre.

Les Canadiens ont connu encore cette année un été marqué par des incendies de forêt, des inondations causées par des pluies torrentielles et des tempêtes. Le réchauffement planétaire est lié à l’occurence accrue de ce genre de phénomènes météorologiques extrêmes.

1. Lisez « Le Canada n’atteindrait même pas d’ici 2050 l’objectif d’émissions fixé pour 2030 »

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